Elle avait besoin d’une pause. Juste d’une petite pause, une petite bulle d’air dans cet étau d’atmosphère noire. Mais la trotteuse galopait.
En vrai, elle avait besoin de repos. Mais il ne fallait surtout pas qu’elle en devienne consciente. Il ne fallait surtout pas que la phrase « je n’en peux plus » s’imprime dans son esprit. Parce qu’alors, il y aurait des chances qu’elle ne reparte plus. Qu’elle ne redémarre plus. Bonne à la casse ! Merci papi.
La lourdeur de l’air lui enlevait sa légèreté. Elle avait le don de tout dramatiser. C’est ce qu’ils disaient. Pff. Comme si ressentir différemment était forcément de l’exagération dénuée de toute nuance. Elle ressentait les choses trop profondément.
En fait, elle avait creusé profond en elle, et les nombreux objets de l’extérieur venaient se heurter à des choses intimes, trop fragiles.
Fragile. Elle ne devait pas l’être. Non, elle n’avait pas le droit. En réalité, elle ne pouvait pas se le permettre. Pourtant…
Des fois, lorsqu’elle levait la tête, elle croisait des regards. Un regard était resté. Elle aurait voulu vivre dans ce regard, toujours. Mais il était devenu une vieille photo.
L’image était toujours là, le protagoniste était parti. Depuis longtemps.
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