dimanche 27 juin 2010

Toujours. . .

Elle avait besoin d’une pause. Juste d’une petite pause, une petite bulle d’air dans cet étau d’atmosphère noire. Mais la trotteuse galopait.

En vrai, elle avait besoin de repos. Mais il ne fallait surtout pas qu’elle en devienne consciente. Il ne fallait surtout pas que la phrase « je n’en peux plus » s’imprime dans son esprit. Parce qu’alors, il y aurait des chances qu’elle ne reparte plus. Qu’elle ne redémarre plus. Bonne à la casse ! Merci papi.

La lourdeur de l’air lui enlevait sa légèreté. Elle avait le don de tout dramatiser. C’est ce qu’ils disaient. Pff. Comme si ressentir différemment était forcément de l’exagération dénuée de toute nuance. Elle ressentait les choses trop profondément.

En fait, elle avait creusé profond en elle, et les nombreux objets de l’extérieur venaient se heurter à des choses intimes, trop fragiles.

Fragile. Elle ne devait pas l’être. Non, elle n’avait pas le droit. En réalité, elle ne pouvait pas se le permettre. Pourtant…

Des fois, lorsqu’elle levait la tête, elle croisait des regards. Un regard était resté. Elle aurait voulu vivre dans ce regard, toujours. Mais il était devenu une vieille photo.

L’image était toujours là, le protagoniste était parti. Depuis longtemps.

vendredi 25 juin 2010

Leva-t-il les yeux ?


Peut-être qu’il fallait lever les yeux. Il se le dit. Il le fit.

Un rayon de soleil entre les feuilles l’éblouit et il détourna rapidement le regard. Il voyait des taches. Les arbres autour de lui devenaient une peinture sur laquelle un pinceau gouttait. C’était de la peinture jaune lumière, un peu bleue, un peu verte. Un beau bleu . Le vert était furtif.

Les taches se faisaient plus petites à mesure qu’il clignait des yeux. Mais lentement.

Etre éblouit.

C’était une belle expression. Il se dit qu’il pourrait filer la métaphore en parlant d’une femme. Il détestait les clichés. Et cela sonnait terriblement cliché. Tu m’éblouis. Etoile qui me fait détourner les yeux. Lumière que je ne peux regarder. Lumière. Tu me brûles. Il se garda de rajouter « la rétine » et il se mit à rire.

Il se dit qu’il ne serait jamais poète.

Il baissa les yeux.

Alors tu continueras...

Elle aurait voulu s’en aller. Parce que s’en aller, cela voulait dire que tout cela n’existerait plus. Oh, quel chantier. La construction serait belle, mais le chantier était éprouvant.

Eprouvant. Un jour, tout cela serait fini. Un jour tout cela ne serait plus. Alors la question devait être à quoi bon ? mais elle ne se posait plus ce genre de questions. Elle savait déjà. Pourquoi. Et puis elle continuait. Elle savait et elle continuait. En oubliant de respirer.

Respirer.

dimanche 20 juin 2010

Une image

Elle avait tellement peur. Pourtant elle était entre ses bras. Mais la peur la serrait plus fort encore. Une image lui revint, et ses yeux ne virent plus qu’elle. Elle était sous l’eau. La lumière du soleil était si vive, qu’en caressant ses paupières, elle les peignait de rouge.

Le courant était léger. Il y avait un peu de vent. Lorsqu’elle sentit à nouveau le souffle de l’air sur les gouttes d’eau dans son cou, elle frémit. Le souffle du vent.

Et puis, la peur revint. Yet, she did not want to feel it. And it was not important. Carefully, she explained the situation. It was obvious : it did not change so many things. Elle le pensa. Elle ne le ressentit pas.

Elle se mit sur la pointe des pieds et la brise enveloppa ses épaules. La brise. Ce qu’elle sentait revint au milieu de son esprit. La lumière orangée avait poussé ces impressions tout au fond, et elles étaient un instant devenues la toile sur laquelle venaient se réfléchir les images. Elles ne disparaissaient jamais tout à fait. Etaient-ce vraiment ses impressions ? Elles restaient là et elle ne la quittaient plus, mais elles étaient devenues étrangères à elle-même. Leur lourdeur ne faisait pas partie de son être.

L’image partit. Elle remit la tête sous l’eau.

Une valse dans la lumière du soleil


Il fallait qu’il arrête de penser, penser, penser ! Il avait commencé tellement longtemps auparavant, il ne pouvait plus s’arrêter. Pris dans un engrenage forcené, son cœur avait commencé à se transformer en machine. Une machine à penser. Brrr. Il faisait froid. Pouvait-il encore sentir ? pouvait-il encore fuir ?

Sentir. Juste sentir. He had tried, but he was afraid. It was so far. So far. Un rayon de lumière hésitant lui parvint. Il voyait la poussière tournoyer dans l'air, une valse légère qui devait faire tout oublier. Une valse dans la lumière du soleil.

I read your letters everywhere. But she had gone.

Oh, trust ! be able to trust ! can you live without trust ? it was too late, he could feel it. It was soft. It was gentle. Doucement, il avait commencé à ne plus sentir son corps. Doucement. Et il était parti un peu plus, chaque jour,doucement. Il lui semblait que cela n’était pas grave. Non, il ne comprenait plus les regards alarmés devant son calme serein. Serein, oui, il ne sentait plus rien. Il regardait en l’air en ouvrant les bras et il penchait un peu la tête en arrière. Puis il fermait les yeux. Oui, plus rien.

A bird

She looked at the bird. Elle le regarda jusqu’à ce qu’il disparaisse. He had gone. He.

Ce pilier était parti. Le pilier de sa perception. Sa fondation. Il fallait qu’elle reconstruise, vite ! Elle ne s’était pas encore effondrée. Elle était encore dans l’instant où tout se maintient en l’air. But she could feel she was not flying. She just did not move anymore. Silence.

Elle ne savait plus. Elle ne savait plus. Pourquoi ? why, why, why, why, why ? rythme ternaire. Et la littérature la rongeait. Cela lui permettait de prendre du recul. Les mots ne devenaient plus les siens. Ils étaient couchés sur le papier disait-on et elle restait debout, à les regarder danser. Couchés, ils ne pouvaient pas danser. En fait, pourquoi disait-on coucher les mots sur le papier ? comme si les mots allaient s’endormir. Comme si les mots n’étaient debout qu’entre nos lèvres.

C’était les mots qui dansaient et elle qui ne pouvait pas dormir. Elle entendit un pépiement.

The bird came back.

mardi 15 juin 2010

Des gouttes d'eau sur sa peau



Il y avait des gouttes d'eau sur sa peau. Des petites gouttes de lumières. Legères, elles coulaient. Elle ne les retenait pas. Cela faisait longtemps qu'elle ne retenait plus. Ces petites gouttes irisées la chatouillaient. Elle ferma les yeux, mais pas longtemps. Juste le temps de sentir complètement. Elle écouta . Son brouahaha intérieur commença à se dissiper et peu à peu, elle ressenti le silence. C'était doux. C'était léger. L'eau gouttait dans son cou. Elle passa la main pour dégager une mèche perdue et elle la remit avec les autres. Peut-être qu'elle aurait dû la laisser.
Faire un choix. Oh, un autre choix. Il le fallait pourtant. Et celui là, était-ce le bon ? Pour le sentir, elle se remplissait de bien-être. Elle imaginait : oui, elle se sentait bien, là, maintenant, à cet instant et pour toujours, elle était arrivée. Elle était arrivée ! c'était incroyable comme sensation. Elle était arrivée. Enfin. Elle respira, profondément. Elle se demanda si elle pourrait nager plus profond. Allait-elle se noyer en elle-même ? Elle s'était apaisée, lentement.
La lenteur comme rime du bonheur ? cela ne voulait rien dire. Bonheur rimait également avec horreur. Mais voilà, tout doucement, elle se sentait bien. "Elle était elle". Cela faisait une phrase comme kayak. Un palindrome. Quel mot laid. Ou plutot un peu compliqué, alors qu'un mot que l'on pouvait lire dans les deux sens était plus simple ! C'était comme rever. Rever, rever. On pouvait rever dans tous les sens. C'était un peu de la triche, on enlevait l'accent circonflexe. Tout était tellement plus facile avec les nuages. La tête dans les nuages, c'était l'expression courante. En fait c'était son surnom. " Encore la tête dans les nuages ? redescend sur terre !". Alors qu'elle touchait le fond. Tout en bas. C'était drôle un peu.

Elle entendit un rire cristallin et elle sourit. C'était un rire qui s'élevait, et dont l'écho s'envolait plus encore. Comme ses rêves. Peut-être que plus on etait bas, plus nos rêves s'envolaient, là haut, dans les cieux. Les cieux. Cela évoquait l'absence de terre. C'était peut-être parce qu'il n'y avait plus de terre dans le ciel que l'on avait décidé que le paradis serait là. Comme si la terre, c'était lourd. Mais peut-être que dans certaines cultures, le paradis était sous l'eau. L'eau qui coulait sur sa peau.

lundi 14 juin 2010

Roses glacées



Elle avait la tête contre le bitum. Contre le goudron. Et ça cognait. Dans son ventre. Dans sa cage thoracique. Cela lui semblait un terme technique. Cage thoracique. Cela lui faisait aussi penser aux dinosaures. Le jurassique. Cette période historique avant l'ère glacière ? elle ne savait plus. Tout était tellement confus. Et ça cognait. ça cognait. Peut-être qu'un jour elle saurait. Pourquoi.

Il y avait des pétales de roses. Elle s'envolait avec le vent. Une seule pétale. Sur l'asphalte. Le bitum. Non, le goudron. Elle en avait MARRE. Elle se disait que si elle était en train d'écrire, elle mettrait marre en majuscule. Mais elle n'écrivait pas. Non, elle n'écrivait pas. Elle était allongée sur l'asphalte ( c'était décidé, elle préférait ce terme là) et elle sentait le parfum des pétales qui s'envolaient.
Elle s'était dit que cela devait être quelque chose à faire. S'allonger sur l'alsphalte. Quelque chose que les gens ne font jamais. C'etait comme regarder en l'air. Est-ce qu'il y avait beaucoup des gens qui regardaient en l'air ? qui marchaient en regardant la cime des arbres, le ciel au dessus, tout au dessus, le toit des immeubles, ces fenêtres d'appartements qui surplombaient la ville et où les observateurs se croyaient à l'abris des regards ? Cela l'amusait, de surprendre les observateurs. L'observateur observé. Classique. C'était comme l'arroseur arrosé. Mais elle ne savait plus ce que c'était que l'eau. Sa peau était sèche. Comme l'encre de sa plume. Cette plume qui s'enfoncait sèchement, qui grattait le papier, qui démangeait son coeur, qui l'étouffait d'indicible. L'indicible. Peut-être que cela n'existait pas . Words, words, words. Words were everything for her. Without words, she could not feel. Without words she could not believe. She needed these small letters to reassure her. It was true ! she could see it ! she could see these small letters, these small proofs that something existed. An illusion. She was an illusion and she could believe only illusions. Illusion. Hidden. You could see it in her eyes.
Her whole life was a lie. STOP LYING ! Be yourself ! But who was she ? nothing. nobody. Was she a person ? she doubted that. She did not really care. No, not really. Pain was too harsh. She could not feel it anymore, so, she would fly away, and crash somewhere. It didn't matter, nobody cared.

dimanche 13 juin 2010

Harmony

"Soyez en harmonie avec la nature et vous serez en harmonie avec les êtres humains'
Krishnamurti

No end

Elle fuyait. Elle voulait s’arrêter mais elle ne pouvait pas. Non.

Broken. Plus rien. Elle avait franchit trop de limites, il n’y en avait plus. Elle s’était posée trop de questions, le sens avait disparu. Avait-il seulement existé ?

Elle aurait voulu partir. Partir. Et même en fuyant, elle ne partait pas. Dans sa tête, elle serait toujours là, attachée. Shackled. Freedom may be a chimera. Peut-être que cela n’existait pas. Peut-être que c’était un espoir factice créé pour faire lever la tête des désespérés. Et peut-être…

Son cœur s’accelera. Sa respiration. Son souffle l’assourdit. Le vide pouvait-il devenir plus profond ? Le vertige, violent. Elle courait, elle courait, elle courait. Ne plus jamais s’arrêter pour ne plus jamais tomber. Mais elle le savait. Elle était déjà à terre.

Alors, elle leva les yeux. Elle ralentit un peu. Maybe it was simple. Maybe it was not about thinking. Maybe it was about forgetting. Why couldn’t she sleep ? She closed her eyes.

Doucement, une image revint. Doucement. Ce n’était pas de sa faute. Elle se le répétait, encore et encore. She kept repeating it. Useless. Une image. Un petit carré qui ne pouvait plus lui faire de mal. Mais non. Cela brulait et elle n’avait pas le tisonnier. Le tisonnier s’agitait pourtant, toujours plus. Elle ne savait pas qui l’avait.

Elle se remit à courir.

Body on fire

Tears on her face. Fire in her body. And it scorched. It would never stop. Scorched.

It had been ages since her body was on fire.

Juste un instant. Illuminé. Juste le temps d’une note de musique. L’écho avait disparu. Et résonnait en elle des coups lourds, lourds. Lourds. Elle ne savait pas bien pourquoi.

Doucement, elle détourna les yeux. Elle tenta de fuir vers l’horizon. De toute façon, elle n’était déjà plus là. Plus là. Cela glissait, cela coulait et rien ne s’accrochait. Cela écorchait. Et puis, il y avait ces yeux. Deux douleurs lancinantes. Peu importait.

Doucement, elle était partie. Elle ne savait pas. Définitivement ?

He felt like dust, he felt some tears.

He felt like dust. Comme rien. Le vent soufflait, hurlait dans ses oreilles. Toujours. Elle ne serait jamais là. Poussière, petite poussière, sens-tu son souffle te maltraiter ? Cette phrase en boucle. Une poussière ça montait en l'air pourtant. Il descendait.
Il descendait ? Sans doute plus. Il etait en train de racler le fond là.

Pourtant, il allait partout. Poussière. Il continuait à avancer. Poussière. Son être se morcelait, s'éparpillait à chaque fois plus. Poussière.

He felt some tears.

samedi 12 juin 2010