mardi 15 juin 2010

Des gouttes d'eau sur sa peau



Il y avait des gouttes d'eau sur sa peau. Des petites gouttes de lumières. Legères, elles coulaient. Elle ne les retenait pas. Cela faisait longtemps qu'elle ne retenait plus. Ces petites gouttes irisées la chatouillaient. Elle ferma les yeux, mais pas longtemps. Juste le temps de sentir complètement. Elle écouta . Son brouahaha intérieur commença à se dissiper et peu à peu, elle ressenti le silence. C'était doux. C'était léger. L'eau gouttait dans son cou. Elle passa la main pour dégager une mèche perdue et elle la remit avec les autres. Peut-être qu'elle aurait dû la laisser.
Faire un choix. Oh, un autre choix. Il le fallait pourtant. Et celui là, était-ce le bon ? Pour le sentir, elle se remplissait de bien-être. Elle imaginait : oui, elle se sentait bien, là, maintenant, à cet instant et pour toujours, elle était arrivée. Elle était arrivée ! c'était incroyable comme sensation. Elle était arrivée. Enfin. Elle respira, profondément. Elle se demanda si elle pourrait nager plus profond. Allait-elle se noyer en elle-même ? Elle s'était apaisée, lentement.
La lenteur comme rime du bonheur ? cela ne voulait rien dire. Bonheur rimait également avec horreur. Mais voilà, tout doucement, elle se sentait bien. "Elle était elle". Cela faisait une phrase comme kayak. Un palindrome. Quel mot laid. Ou plutot un peu compliqué, alors qu'un mot que l'on pouvait lire dans les deux sens était plus simple ! C'était comme rever. Rever, rever. On pouvait rever dans tous les sens. C'était un peu de la triche, on enlevait l'accent circonflexe. Tout était tellement plus facile avec les nuages. La tête dans les nuages, c'était l'expression courante. En fait c'était son surnom. " Encore la tête dans les nuages ? redescend sur terre !". Alors qu'elle touchait le fond. Tout en bas. C'était drôle un peu.

Elle entendit un rire cristallin et elle sourit. C'était un rire qui s'élevait, et dont l'écho s'envolait plus encore. Comme ses rêves. Peut-être que plus on etait bas, plus nos rêves s'envolaient, là haut, dans les cieux. Les cieux. Cela évoquait l'absence de terre. C'était peut-être parce qu'il n'y avait plus de terre dans le ciel que l'on avait décidé que le paradis serait là. Comme si la terre, c'était lourd. Mais peut-être que dans certaines cultures, le paradis était sous l'eau. L'eau qui coulait sur sa peau.

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